Je voulais pas ! Je voulais pas louper ce cours. Notre forfait d'absentéisme (oui ! on n'a pas le droit d'être plus absent que tant d'heures dans l'année) étant très réduit, j'avais la folle ambition de me rendre en cours, sa race. Et j'ai mal regardé le planning (qui change tout le temps), et je me suis trompée d'heure... En vérité, ça me faisait chier d'y aller, c'est un acte manqué complètement réussi, car, malgré mon engagement très officiel et très sincère de ne plus détester personne et de ne plus me foutre dans des conflits inutiles toute seule comme une grande, ben... je l'ai fait. Et ce cours-là aurait remis ce problème sur le tapis. Au lieu de ça, je goûte à un repos bien mérité. Le net c'est la liberté ! Face à mon PC, je suis seule avec mon petit univers très accessible, j'écris mon blog et prends des nouvelles des amis restés loin, loin de moi. Je suis en fait comme chez moi, alors que je n'en ai aucun, et que je vadrouille à droite et à gauche pour me loger en attendant de dégoter le Nidouillet qui accueillera mes livres, mon PC, mon bordel, mes chats et mon bel homme tout doré.

District 9 est une merveille ! Les acteurs sont pas connus - ou je suis vraiment plus larguée que je ne le pensais -, la laideur omniprésente (paysages, personnages...) et la beauté émerge brutalement de là où s'y attend le moins. Il y a énormément d'émotions dans ce film, la jouissance, l'espoir, le rire, la violence, les larmes, une action très bien menée ; il y a beaucoup de créativité car j'ai trouvé l'histoire originale (ce qui s'explique aussi probablement par mon manque de culture SF, mais il n'empêche) ; il y a de la subtilité et du populaire ; et les aliens, je les aime, je les trouve totalement réalistes, on a envie de croire qu'ils existent et on se dit que ouais, s'ils existent, ils ressemblent à ceux du film.

Je découvre un monde nouveau : Lyon. C'est sympa. Le temps est agréable, les gens pas si froids - de toute façon, je ne crois pas en la culture et considère que tous les endroits du monde comptent les mêmes proportions de cons, et que les cons du sud ne valent pas mieux que ceux du nord, et ne sont pas plus nombreux ; à partir de là, la bonté et la sagesse se répartissant pareillement partout (quoiqu'en minorité), je m'étais dit a priori que ça ne changerait pas grand-chose à ma vie sociale et affective. Ça n'a pas loupé. Tout va bien, la ville est belle, spacieuse... Je m'en lasserai dans longtemps...

Je me suis remise théoriquement au Quenya. Ce fut concret tant que j'étais encore à Montpellier, mais ici à Lyon, j'ai d'autres préoccupations plus pressantes (et laides !). Donc là, si je rencontre un elfe dans la rue, je serai pas foutue de lui sortir autre chose que "le roi et la reine sont sous le saule". (...)

L'école. On ne parle plus d'école d'infirmières depuis longtemps mais je suis incapable d'appeler cet endroit autrement : on a des profs des vrais motivés à nous apprendre des trucs, on a des tas de travaux de groupe à rendre, on doit pas arriver en retard, on signe une fiche de présence... C'est assez pénible, voire grave relou, genre à 24 ans j'ai l'impression d'en avoir 14, et encore, c'est un truc qui m'avait choquée déjà il y a quelques années, quand j'entrai en prépa ; alors là. Remarquez, avec l'âge (* regard désabusé *) on prend ce genre de choses avec un poil de recul. La motivation joue aussi beaucoup, quand on est embarquée dans ce qu'on désirait si ardemment et depuis si longtemps - je ne me souviens pas avoir tenu un projet pendant plus de 4 mois - on passe au-dessus de tout ça. Au-dessus aussi des groupes de jeunes capables de parler pendant 1/2h du prix de leur portable, ou de séries de merde. Je n'en voyais plus, des comme ça. Je les avais oubliés depuis tout ce temps. Je ne m'étais certes pas fait d'amis à la fac mais j'y fréquentais des personnes que je trouvais sympathiques et intéressantes dans l'ensemble, ainsi que dans la plupart des mes activités ; j'avais oublié qu'il puisse exister des personnes de ce genre, je ne les voyais pas de si près... Fort heureusement, tout le monde ici n'est pas à cette image ; il n'en reste pas moins que ça fait vraiment bizarre.

Une vie nouvelle, des pensées nouvelles. Les trucs désagréables, laissés avec bonheur à Montpellier, s'estompent rapidement. Ils se remplacent malheureusement par d'autres - on ne se refait pas - mais ça aère l'esprit, quand bien même ; ça change. Je suis bien partie de Montpellier.