Boboth Blog

Trucs Bobos, Trucs Goth. Impressions de lectures, de visionnages de film, de choses artistico-culturelles dans la limite du compréhensible.

07 novembre 2009

Vaste monde.

"Michael Jackson NOUS a quittés." NOUS, la communauté des vivants, des humains d'ici, communauté dans laquelle je suis incluse. J'y ai pas mal pensé à cette idée de communauté.

Notamment quand j'ai vu l'autre film là, Good morning England. Un film sympa, nostalgique. Un film communautaire.

"C'était cool avant, la société elle est devenue égoïste + méchante + consumériste etc"

Mais qui la fabrique la société ? Peut-être que ces gens cool d'alors en ont eu marre d'être cool, quelques années plus tard. Peut-être qu'ils étaient tous foncièrement mauvais et que la connerie a repris le dessus. Peut-être que c'était juste à la mode d'être cool. Pourquoi ces gens-là, de cette époque, seraient-ils si différents des cons ordinaires d'aujourd'hui? Je ne crois plus bien que la culture change grand-chose à l'affaire. La proportion d'abrutis me semble constante de par le monde, les sociétés, les époques.

Hm. Je suis vivante donc humaine et on m'inclue dans le groupe et ça semble normal, évident.

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Ma maison, mon royaume

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La petite fille du 'Livre de la jungle' de Disney.


Ma maison sous le chaume...
Ma maison, mon royaume.

Dans les bois chasse mon père,
Chez nous maman cuit le pain
Moi je vais à la rivière
En chantant ce doux refrain.
Ce refrain... Ce refrain
Je m'en vais à la rivière
En chantant ce doux refrain.

Un jour mon mari pour me plaire
me fera une maison,
Et notre fille à la rivière
reprendra cette chanson. 
Ouh... ouh..
Et moi comme le fait ma mère
je serai dans ma maison...



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Vue de chez nous.

| C'est grand, lumineux, beau et chaud, c'est chez moi, chez nous. C'est plein de parquet, du vrai en beau bois ancien bien ciré, et là où y'a pas de parquet le carrelage est posé en diagonale.
| Une belle meute d'humains et de chats qui s'aiment haut perchés dans les cieux de Villeurbanne...
| Un jour mon amour pour me plaire a monté un sommier tapissier & une bonbonne de gaz sur 6 étages sans ascenseur (momentanément en panne. Il eut le bon goût de fonctionner pour tout ce qu'il y avait de plus lourd, alors on ne critique pas).

| Je lis des recettes de cuisine, mue désormais d'une intention complètement inédite : les réaliser.
| Je regarde d'un œil concupiscent les magasins de déco & bricolage, je projette des rideaux de voile et de velours, de la peinture. Je chante la dernière chanson du Livre de la jungle, de Disney. Fort, dans notre grand appartement qui résonne.
| On va installer ses tableaux. Mes posters aussi, mais 'tain, on aura des tableaux ! Puis c'est pas des tableaux pour dire "on a des tableaux", non ce sont juste de très belles choses uniques et grandes, qu'on a envie de voir dans sa maison.
| Je suis fière car patiemment, lentement, obstinément, et alors que je n'y étais pas prédisposée, on m'a appris à me décourager, à ne plus oser, à considérer des choses aussi normales que vivre et rire ou avoir des idées comme étant ridicules, stupides, risibles, minables - j'ai brillamment désappris.
| Notre rue porte un nom superbe et regorge de choses utiles. Des pizzas, des primeurs, des bus, des métros, des animaleries, des boucheries juives, on va bouffer des bavettes d'aloyau casher, des grandes surfaces discount, et puis...
| ...ha. On habite littéralement en face d'un gigantesque magasin de tissus. Sa mère.
| Ça va inviter sec les amis.

BREF, C'EST CHOUETTE
\o/


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11 octobre 2009

Lu & entendu

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Hop, un nouvel album d'Émilie Simon, The Big Machine. À mon goût plus réussi que le précédent, Végétal. C'est nettement plus pop et riche, énergique aussi, et les textes en anglais naturellement moins percutants, mais c'est extrêmement beau et tripant. Le visuel de la pochette donne une bonne idée du contenu en fait ; un grand effort a été fait pour l'esthétique et l'édition de luxe, toute en joli carton avec la petite ville en relief, vaut vraiment le coup d'investir même si vous êtes un féru de téléchargement. Toutes les chansons sont écoutables sur Deezer du reste, pour vous faire une idée. C'est un mélange foisonnant de noir très noir et de couleurs vives - à l'instar du dernier SG que je me suis acheté d'ailleurs, même pas fait exprès, c'est marrant ça tiens.

J'ai lu Les Robots d'Asimov, petit recueil de nouvelles très sympathique ; c'est touchant, assez simple sans être stupide, très divertissant, créatif. Sans doute une bonne introduction à d'autres livres sur les robots, on va dire que pour quelqu'un qui n'en a jamais lus, ça pose les bases.

Vente à la criée du lot 69
(Thomas Pynchon) en revanche m'a un petit peu déçue, on me l'avait décrit sombre / noir / etc, c'est juste très chaotique, j'y aime l'humour et les personnages, bon, ça transcende pas grand-chose non plus. Mais c'est plaisant à lire et je pense en essayer un autre rapidement, c'est rafraîchissant, prenant, pi faut le dire, très original ; ça change du reste. Y'a des aventures, des voyages, du sexe, de la drogue, de la musique, de la culture, de la connerie et beaucoup d'absurde, ça vaut le détour donc ; alors sans doute aurais-je plus apprécié la chose si on ne me l'avait pas présentée comme du roman noir, forcément.

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30 septembre 2009

Tandis qu'une grande émotion m'étreint...

Je voulais pas ! Je voulais pas louper ce cours. Notre forfait d'absentéisme (oui ! on n'a pas le droit d'être plus absent que tant d'heures dans l'année) étant très réduit, j'avais la folle ambition de me rendre en cours, sa race. Et j'ai mal regardé le planning (qui change tout le temps), et je me suis trompée d'heure... En vérité, ça me faisait chier d'y aller, c'est un acte manqué complètement réussi, car, malgré mon engagement très officiel et très sincère de ne plus détester personne et de ne plus me foutre dans des conflits inutiles toute seule comme une grande, ben... je l'ai fait. Et ce cours-là aurait remis ce problème sur le tapis. Au lieu de ça, je goûte à un repos bien mérité. Le net c'est la liberté ! Face à mon PC, je suis seule avec mon petit univers très accessible, j'écris mon blog et prends des nouvelles des amis restés loin, loin de moi. Je suis en fait comme chez moi, alors que je n'en ai aucun, et que je vadrouille à droite et à gauche pour me loger en attendant de dégoter le Nidouillet qui accueillera mes livres, mon PC, mon bordel, mes chats et mon bel homme tout doré.

District 9 est une merveille ! Les acteurs sont pas connus - ou je suis vraiment plus larguée que je ne le pensais -, la laideur omniprésente (paysages, personnages...) et la beauté émerge brutalement de là où s'y attend le moins. Il y a énormément d'émotions dans ce film, la jouissance, l'espoir, le rire, la violence, les larmes, une action très bien menée ; il y a beaucoup de créativité car j'ai trouvé l'histoire originale (ce qui s'explique aussi probablement par mon manque de culture SF, mais il n'empêche) ; il y a de la subtilité et du populaire ; et les aliens, je les aime, je les trouve totalement réalistes, on a envie de croire qu'ils existent et on se dit que ouais, s'ils existent, ils ressemblent à ceux du film.

Je découvre un monde nouveau : Lyon. C'est sympa. Le temps est agréable, les gens pas si froids - de toute façon, je ne crois pas en la culture et considère que tous les endroits du monde comptent les mêmes proportions de cons, et que les cons du sud ne valent pas mieux que ceux du nord, et ne sont pas plus nombreux ; à partir de là, la bonté et la sagesse se répartissant pareillement partout (quoiqu'en minorité), je m'étais dit a priori que ça ne changerait pas grand-chose à ma vie sociale et affective. Ça n'a pas loupé. Tout va bien, la ville est belle, spacieuse... Je m'en lasserai dans longtemps...

Je me suis remise théoriquement au Quenya. Ce fut concret tant que j'étais encore à Montpellier, mais ici à Lyon, j'ai d'autres préoccupations plus pressantes (et laides !). Donc là, si je rencontre un elfe dans la rue, je serai pas foutue de lui sortir autre chose que "le roi et la reine sont sous le saule". (...)

L'école. On ne parle plus d'école d'infirmières depuis longtemps mais je suis incapable d'appeler cet endroit autrement : on a des profs des vrais motivés à nous apprendre des trucs, on a des tas de travaux de groupe à rendre, on doit pas arriver en retard, on signe une fiche de présence... C'est assez pénible, voire grave relou, genre à 24 ans j'ai l'impression d'en avoir 14, et encore, c'est un truc qui m'avait choquée déjà il y a quelques années, quand j'entrai en prépa ; alors là. Remarquez, avec l'âge (* regard désabusé *) on prend ce genre de choses avec un poil de recul. La motivation joue aussi beaucoup, quand on est embarquée dans ce qu'on désirait si ardemment et depuis si longtemps - je ne me souviens pas avoir tenu un projet pendant plus de 4 mois - on passe au-dessus de tout ça. Au-dessus aussi des groupes de jeunes capables de parler pendant 1/2h du prix de leur portable, ou de séries de merde. Je n'en voyais plus, des comme ça. Je les avais oubliés depuis tout ce temps. Je ne m'étais certes pas fait d'amis à la fac mais j'y fréquentais des personnes que je trouvais sympathiques et intéressantes dans l'ensemble, ainsi que dans la plupart des mes activités ; j'avais oublié qu'il puisse exister des personnes de ce genre, je ne les voyais pas de si près... Fort heureusement, tout le monde ici n'est pas à cette image ; il n'en reste pas moins que ça fait vraiment bizarre.

Une vie nouvelle, des pensées nouvelles. Les trucs désagréables, laissés avec bonheur à Montpellier, s'estompent rapidement. Ils se remplacent malheureusement par d'autres - on ne se refait pas - mais ça aère l'esprit, quand bien même ; ça change. Je suis bien partie de Montpellier.

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26 août 2009

Là-Haut

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      J'ai été voir Là-Haut tout récemment, de Disney, et je vais vous en parler. Je vous préviens, la critique s'annonce dithyrambique, ça va vous changer un peu de mes grands coups de gueule. Les spoils sont balisés ainsi [spoil ! vous avez bien surligné, bravo], si vous voulez les lire, surlignez entre les balises.

       J'en avais entendu de bonnes critiques et l'affiche m'attirait beaucoup, je le sentais bien quoi, donc je m'y suis rendue avec Copain. J'ai rapidement été surprise par la tournure de l'aventure : [en effet, le voyage en lui-même, auquel fait référence le titre du film, n'occupe pas une très grande part de] l'histoire. Quelle est-elle d'ailleurs ?

       Un papy bougon [, veuf,] rêve depuis toujours de s'envoler en Amérique du Sud [en partie en mémoire de sa défunte épouse, qui partageait son rêve sans qu'ils aient pu le réaliser avant sa mort]. L'occasion va lui être donnée par de méchants promoteurs immobiliers (ou quelque chose de ce genre) qui veulent racheter sa maison tandis que lui-même serait expédié en maison de retraite. Mais notre papy se rebelle ; il avait tout prévu et, au dernier moment, fait envoler sa maison par des centaines de ballons gonflés à l'hélium (il était vendeur de ballons). Mais, alors qu'il pense s'être envolé tout seul, un petit garçon un peu neuneu s'est invité sans le faire exprès.

       Je ne vais pas vous détailler le reste, simplement vous relater ce que j'ai trouvé génial dans tout ça.

       Les personnages, premièrement. Ils sont tous aussi attachants les uns que les autres. Certes ils incarnent des lieux communs des dessins animés, mais leurs personnalités sont infiniment plus subtiles que la moyenne de ce à quoi on a droit.

       Le gamin n'est pas parfait, il est même carrément chiant et c'est fait exprès (pas comme l'abominable Arthur des Minimoys, d'une perfection complètement niaise et ridicule), mais il est gentil et généreux, on le sent en pleine formation de son sens moral ; le papy est parfois franchement con et désagréable, sans que ce soit gratuit de la part des réalisateurs (même si ça peut l'être parfois de sa part à lui), il est sans doute un peu aigri par certaines choses mais ne plonge pas dans la pure méchanceté ou la bêtise profonde, et sait se remettre en question ; le chien est fabuleux, à la fois moche mais mignon, bête et adorable, et surtout, pour une fois, on voit une vraie personnalité de chien au cinéma : les réalisateurs ont enfin créé ce dont je rêve depuis toute petite [à savoir un collier de chien qui prononce en français les pensées de l'animal avec une voix adaptée à sa personnalité. C'est une trouvaille qui donne lieu à des scènes de dialogues bien poilantes, uniquement parce que, là encore, les personnalités des chiens sont extrêmement réalistes] ; le méchant est un méchant subtil, aux prises avec la vraie folie plus qu'avec les principes sacrés des Bons et des Méchants, et sa folie en fait l'inverse du papy héros. Celui-ci en vient en effet à penser que, réaliser les rêves d'enfants, c'est cool, il n'est jamais trop tard pour le faire, et personne ne l'en empêchera jamais ; mais il garde sa souplesse d'esprit et comprend qu'il n'y a pas lieu de prendre ses obsessions pour des vraies valeurs, que la vie présente importe plus que le passé. C'est la morale que j'ai tirée du film, du reste. [L'oiseau mystère, quant à lui, est tout à la fois amusant, classe, étrange et très touchant.] Ces psychologies réalistes rendent les dialogues vraisemblables, tels qu'ils pourraient être en vrai et non pas tels qu'ils le devraient si le monde était vachement cool.

       Quoi d'autre ? L'humour. Il est profondément original, tel que je n'en avais jaùmais vu de tel. Une certaine forme de cynisme fashion (à l'œuvre aussi bien dans les excellents Âge de Glace que dans les bouses d'Arthur et les Minimoys) semble à la mode dans les dessins animés pour enfants, pas de trace ici ; ça n'a rien de commun non plus avec l'humour assez anglais des Wallace et Gromit (que j'adore personnellement). En bref, on rit franchement, sans mièvrerie, pas parce qu'on a bien vu qu'il fallait rire, ou qu'on a saisi la référence/comparaison bien amenée, ni parce qu'on trouve ça trop mimi ; mais juste parce qu'on ne peut pas se retenir. Il y a une vraie personnalité dans cet humour, à la fois très simple, inventif, surprenant, compréhensible par tout le monde, mais extrêmement tendre et surtout très efficace.

       Les scènes d'action sont palpitantes, bien plus que dans beaucoup de films estampillés comme tels, et l'histoire pleine de suspense et rebondissements intéressants. On chiale aussi, et on chiale de manière tout à fait adulte ; personne, ni vieux ni jeunes, n'est pris pour un con.

       Par contre les graphismes sont laids. L'animation en elle-même est parfois impressionnante de fluidité et de réalisme, mais visuellement, c'est vilain ; pour autant, les personnages ont des tronches qu'on finit par aimer, mais ça tient à la qualité de leurs personnalités. Le doublage français rend bien, j'ai appris tout à la fin que Charles Aznavour avait doublé le papy ; je suis loin d'être une fan mais en tout cas, il double bien. La mocheté des graphismes, certes regrettable, fait que l'on se rend compte à quel point le film est bon d'une part - puisqu'on l'apprécie malgré ce gros défaut, pour un dessin animé - et d'autre part que les prouesses techniques ne sont définitivement pas un gage de qualité. Il y a des choses plus importantes que l'emballage, et je suis moi-même surprise d'avoir tant aimé un film assez laid, qui accorde tant d'importance à l'esthétique.

       D'ailleurs je n'ai pas été la seule à aimer, Copain en question l'a trouvé aussi bon que moi, ça m'a bien fait plaisir car c'est moi qui avait suggéré d'aller voir celui-là plutôt qu'un autre.

       Alors allez-y, si vous le pouvez ; c'est prenant, rigolo, émouvant, subtil ; un truc complètement anti-snobisme et anti-suicide ; un vrai beau film simple et efficace sur la pulsion de vie.

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20 août 2009

Encore une dure loi de ce monde impitoyable.

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Je vous la donne en mille : quand on augmente l'ordre d'un mini-système isolé, on augmente de façon exponentielle l'entropie globale (= le désordre, le chaos) du système tout entier. Ainsi, quand on augmente l'ordre, égoïstement, visuellement, superficiellement, de son petit environnement particulier, quand on range son chez-soi modeste et bourgeois, eh bien on favorise le bordel profond, atomique, ultime de l'Univers. Autrement dit, on contribue à développer cette même entropie à l'œuvre dans les trous noirs qui engloutissent à la fois toute matière existante, toute forme de temporalité, tout ce qui est connu et inconnu*...  C'est le Principe 2 de la Thermodynamique, dont j'ai pris connaissance récemment ; je n'invente rien ! Même si, quelque part au fond de moi, je crois que je m'en suis toujours doutée. Alors après, ce que j'en dis...

* à peu de choses près, vraiment.

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12 août 2009

2, mais 2 quoi !

Boboth Blog a deux ans !
Youpi.
En cadeau d'anniversaire, une nouvelle tête, moins gotho-pouffe, car après tout ne dit-on pas un blog, nom masculin ?
Hé si.

[...]

Mine de rien, ce post est moins anodin qu'il y paraît. En effet, il signifie plusieurs choses :
a) la grande souplesse de Canalblog qui me permet de changer de visuel souvent (je suis vite lassée), et radicalement si je le veux, ainsi que la possibilité de faire pas mal de trucs hors design; 
b) ma capacité jusque-là inconnue à me tenir à quelque chose de régulier;
c) mon autre capacité jusque-là inconnue à créer des choses qui me satisfont sur la durée.

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22 juillet 2009

La pensée poétique

opalenoire

Une opale noire. Ne déchire-t-elle pas ?

    J'ai un problème, depuis longtemps...

    Confrontée aux vastes énigmes de ce monde ahurissant, j'ai naturellement tenté d'en comprendre les mystérieux rouages et je me suis heurtée à un mécanisme psychologique, qui m'est propre, pénible et chiant : tout ce qui est moche m'emmerde. Les conséquences en sont les suivantes : alors que ma curiosité insatiable me pousse à me renseigner sur tout et rien, les renseignements obtenus, s'ils sont dépourvus de beauté, m'ennuient profondément, me lassent et me poussent à l'abandon.

    Exemple 1. J'envisageais depuis longtemps d'acquérir un petit télescope de débutante ; il y a 2-3 ans de ça, j'ai donc décidé de me lancer plus franchement dans l'astronomie ; mes tentatives précédentes (style, observer le ciel en apprenant le nom des constellations) avaient été plus que pas concluantes du tout mais je ne désespérai pas et achetai un magazine qui me parut de bonne qualité. Il le fut ; mais je lus d'une traite le débat philosophique sur la vie extraterrestre tandis que les articles d'astronomie à proprement parler (pour lesquels j'avais acheté la revue) se trouvèrent purement snobés. C'est pas faute d'avoir essayé, pourtant... Alors on vous explique qu'à Saint Genis Laval vous verrez briller Jean-Jacques contrairement à John Craig McLavalland d'Australie qui observera, le petit chanceux,  c546-XV à 23.1° SO-NO ! Dingue. Et les nuages de poussières astrales turquoise et roses des nébuleuses d'Orion et de la Carène, et les galaxies lumineuses par milliards, et les astronautes qui flottent dans leurs astronefs? Niet. Rien que des CO2, des degrés, des formules, de la gravité.

    Grande, immense déception au collège : censée apprendre des trucs kiffants, les cours de physique sont atrocement laids. On pourrait en dire autant de toutes les matières scientifiques...

    Exemple 2. Je collectionne les minéraux mais la minéralogie m'agace. J'en connais le strict minimum mais, faute d'avoir trouvé un réel intérêt intellectuel pour une discipline aussi plan-plan et déconnectée de son sujet d'étude (allez décrire la splendeur, la lumière, l'art incongru, l'harmonie pure qui émane du hasard le plus absolu avec des formules chimiques et des notices géologiques...), ou de ce que je perçois et trouve pertinent de ce sujet d'étude, j'ai plus ou moins abandonné et l'enthousiasme très vif qui m'animait au début s'est un peu ratatiné. Car tout de même, collectionner des objets, aussi beaux soient-ils, sans rien (ou presque) apprendre de beau à leur sujet, c'est affreusement frustrant. Malgré tout je reste curieuse et cultivable, donc la contemplation de la forme ne me suffit pas. Je suis finalement beaucoup plus renseignée sur la symbolique des pierres, mais elle n'a pas de valeur scientifique et ne peut donc être organisée en système, ce qui pose problème, cette fois, à l'aspect organisateur de ma façon de penser, dont je ne peux me défaire.

    Ni la "science" ni la "spiritualité" (les deux au sens large) ne comblent franchement mon besoin de savoir et de jouissance esthétique. Je suis très, très frustrée.

    Oh, il y a toujours de la poésie quand on apprend, au début, quelque chose de scientifique. Mais la curiosité pousse à vouloir en connaître davantage, et là ça devient vilain. Il y a toujours de l'enchantement quand on étudie les mythes et les symboles, mais on se lasse des jolies histoires qui répondent toujours - et jamais - au sens de la vie et au comment des choses. Pas quelque chose de kitsch, d'exotique, de tiré par les cheveux, non, le vrai du vrai... Pas non plus des formules, des équations. Pourquoi le Big Bang, pourquoi les pierre sont aussi incroyablement splendides alors qu'elles ne servent à rien. De quoi les couleurs et les lumières sont réellement faites - ni des esprits, ni des particules...

    Le Temps du Rêve : juste comme ça, je tiens à signaler que la culture aborigène a, selon moi, conçu le principe de création du monde le plus beau et le moins kitsch, mêlant poésie simple et originalité. Toutes les cultures en sont bien sûr capables chacune dans leur genre, mais cette façon de voir les choses me plaît particulièrement en fait, sans qu'il soit besoin de rentrer dans les classiques détails particuliers de vie quotidienne, rituels, etc (choses intéressantes en soi, mais ce n'est pas mon propos). Le Temps du Rêve y est le concept central, si ça vous intéresse, googlisez là-dessus les amis ; bonne nuit.

17 juillet 2009

Pride

Je vous invite à visiter le site de la revue Golias, fondée par mes deux grand-cousins (je sais pas si le terme existe, mais en gros ce sont les fils de ma grande-tante paternelle). J'ai découvert ça lors de mes concours lyonnais qui furent l'occasion de rencontrer cette part inconnue de ma famille. Ce fut avec joie puisque, outre la sympathie de leurs personnes, la revue présente des positions que j'apprécie particulièrement venant de catholiques pratiquants. Je me suis toujours trouvée dans une situations très bizarre par rapport à ma religion, tiraillée entre la foi (qui ne se contrôle pas quand elle est sincère, donc les principes du genre "bouh c'est pour les imbéciles inculturés", ça c'est imbécile et inculturé) et la connerie profond et hypocrite observée dans ce milieu (équivalent à tant d'autres, du reste. Donc très énervant). Et là, j'ai lu avec bonheur des choses modernes, logiques et intelligentes, des prises de position pour le mariage homo, l'ordination des femmes, etc. Ça fait plaisir de pouvoir démontrer qu'on peut être à la fois catholique (ou n'importe quoi d'autre car j'imagine que toutes les religions doivent avoir l'équivalent de ce courant de pensée) et pas con. Je comptais écrire quelque chose là-dessus lorsque j'ai fait la connaissance de ces gens mais, bah...

Et puis là, que vois-je sur swissinfo.fr ? Que c'est en grande partie grâce à un article très énervé publié dans la revue de mes cousins que l'évêque de Lausanne s'est décidé à se bouger le cul pour traiter les affaires de pédophilie ayant eu lieu dans son bled ! Bon ça date d'il y a plus d'un an, mais je viens juste de tomber dessus par hasard.

08 juillet 2009

Lyonnaise des Zoos

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Derrière ce pathétique calembour se cache une nouvelle que mes rusés lecteurs n'auront pas de mal à deviner, à condition qu'ils me connaissent (un peu) dans la réalité.
1 - Note sur le calembour : il ne donne qu'une indication, il n'a pas franchement de sens, ce qui ajoute encore à sa médiocrité.
2 - Note sur la ruse des lecteurs : elle est superflue en fin de compte, puisque je vais à l'instant tout vous dire. Et la photo qui illustre ce post la rend d'autant moins utile.

Alors voici, après ce suspense parfaitement soutenable et très relatif : je déménage pour Lyon à la rentrée.

C'est une nouvelle vie qui s'annonce ! Un paysage et des gens tous neufs... Je suis triste de quitter ceux que j'apprécie ici, mais bon, je ne les quitte pas foncièrement et Lyon c'est pas non plus le Danemark ; je suis heureuse d'en quitter d'autres car je suis un petit être sensible que la méchanceté importune. Et j'ai pris la très sage décision d'être zen, dans ma nouvelle ville. Plus question de m'impliquer démesurément, plus question d'accorder la moindre attention à des personnes qui ne le méritent pas ; j'écouterai bien plus mes intuitions, fiables, et ne me forcerai en rien car l'effort ne m'apporte aucune réussite.

J'aime tout recommencer. Ça me déprime à chaque fois, franchement, mais passé le cafard des débuts, c'est énorme. Je songe à ce pote qui aujourd'hui, à 30 ans, habite avec sa petite famille à une rue de là où il a grandi, et qui n'a jamais vécu ailleurs que dans sa ville. Je pourrais pas. Évidemment c'est confortable, et nostalgique de tout comme je le suis, je ne peux que comprendre. Mais l'instinct de survie est plus fort qui me pousse aux changements, parce que le bonheur c'est pas le confort.

Alors c'est parti... J'ai 2 mois pour pleurnicher, porter sur ma ville un regard mélancolique nouveau "Ah là là, il faut retenir cet endroit, ce moment !", voir les Gens une ou plusieurs dernières fois, organiser spatialement, financièrement et temporellement la migration, me renseigner sur le Futur et soupirer sur le Passé. Je pars au bon moment je crois, je commençais vraiment à ne plus apprécier Montpellier, à la trouver creuse, sans âme même si agréable à vivre.

Donc voilà.

Posté par Bottine à 11:03 - - Journal (ma vie) - Commentaires [7] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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