Boboth Blog

15 février 2010

Même pas émue.

edgie

C'est "qu"'un blog hein...

Vraiment fini. Je me casse par là (ou cliquez sur l'image).
Les raisons en sont expliquées dans le message n°1 !
++

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09 février 2010

Surprise (bonne)

Une mamie dépressive, rarement agréable, froide (souffre de démence X).
Aujourd'hui, elle se souvenait de moi.
"Ah, vous revoilà, vos yeux bleus"
Une discussion émotive s'ensuit; pi elle me serre la main gentiment.
Je ne l'avais jamais vue sourire sincèrement en 10 jours.
On s'occupe d'une pelletée de patients gentils et affectueux,
avec lesquels j'ai eu très souvent l'occasion de papoter ;
je ne m'attendais absolument pas à ce qu'un élan vienne d'elle.
J'aime me tromper,
que les choses ne se passent pas comme prévu.

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02 février 2010

Burgership

Je vous livre aujourd'hui une petite recette de burger que j'ai élaborée selon un principe très simple,
et très souvent nul à chier,
mais miraculeusement efficient dans ce cas :
si on met que des trucs bons dans un seul gros truc,
alors le gros truc ne peut être que bon.


(Ne le suivez surtout pas, en général.)

Quelques avertissements

- Pour aimer ce burger, il suffit d'aimer tous les ingrédients qui le composent. Il peut paraître un peu difficile de prime abord, mais il faut oser, au moins une fois quoi, allez.
- Je vous conseille de bien suivre la procédure, la gestion du burgership timing et de l'espace dispositionnel intraburger est très pointue. C'est plus compliqué qu'il n'y paraît de faire un bon burger...
- Je vous conseille également de ne pas chercher à comptabiliser les calories de la chose. Bon après, vous faites comme vous voulez, mais l'un des plus vieux livres du monde nous dit que "l'ignorance est une béatitude". Béatitude : voilà bien le terme qui correspond aux bouchées d'un succulent repas dont on ignore toutes les caractéristiques nutritives.
- Enfin, soyez plutôt généreux avec nos amies les sauces. Il y a beaucoup d'autres ingrédients et si vous n'en tartinez pas assez, elles ne se sentiront pas ! d'autant qu'il sera plus facile de retirer les surplus au cas où, plutôt que d'en rajouter une fois tout le burger fini, d'autant qu'on n'ose pas trop rajouter en général quand c'est terminé.

Allons-y :o)

Ingrédients

- du beurre en quantité honorable
- 1 steak haché
- 1 pain à burger (haut et bas, naturellement)
- du ketchup
- une échalote
- 2 tranches de fromage à burger (type toastinette)
- 2 cornichons coupés dans leur longueur (donc 4 morceaux)
- 1 tranche de fromage de chèvre épaisse, mais issue d'une bûche classique, pas d'un trop grand diamètre
- de la sauce béarnaise de bonne qualité
- du miel (transparent et foncé de préférence)

Les 11 étapes d'un Burger Complexe, espérant n'avoir rien oublié

1. faire décongeler le steak haché si besoin et pendant ce temps...
2. faire chauffer du beurre en bonne quantité dans la poêle.
3. faire dorer les intérieurs du pain à burger, puis les retirer, et réserver.
4. mettre une toastinette sur l'intérieur du pain du bas, afin de le protéger plus tard des sauces qui vont couler, et de la faire commencer à fondre doucement sur le pain encore chaud.
5. ketchuper la toastinette, puis disposer les cornichons en carré, bien collés au ketchup.
6. faire revenir les échalotes dans du beurre, à la poêle. Réserver.
7. faire cuire le steak haché à la poêle, toujours la même pour qu'elle soit bien parfumée au beurre, échalotes et pain. Le retirer du feu, puis le mettre dans une assiette et le presser afin d'en faire sortir un peu de jus. L'appliquer ensuite sur le début de burger déjà constitué par le pain du bas, les cornichons et le ketchup.
8. disposer les échalotes équitablement sur le steak haché. Tartiner de sauce béarnaise dans les mêmes proportions que le kecthup.
9. appliquer une toastinette sur le tout, qui sera surmontée de la tranche de chèvre au milieu, elle-même arrosée de miel en bonne quantité - miel qui doit être réparti aussi sur l'ensemble de la toastinette, pas que sur le chèvre. Le miel est un ingrédient raffiné, subtil... TROP subtil, il faut donc en mettre généreusement - pas trop non plus, c'est aussi selon les goûts, mais n'ayez pas peur en somme.
10. coiffer votre burger du chapeau de pain qui lui était destiné.
11. passer quelques secondes au micro-ondes, en contrôlant, pour que tout soit assez fondu.

Bon appétit ^^

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10 janvier 2010

Le post monothéique du dimanche matin

.. J'ai lu, dans Le Monde Diplomatique, que l'union des mosquées de France (je me souviens plus du sigle exact) avait, en 2005, lancé une fatwa d'appel au calme contre les jeunes émeutiers qui brûlaient des voitures. Ça m'évoque plusieurs choses. La première, naturellement, est que contrairement à une idée répandue chez certains (je vais pas trop m'avancer, j'ignore la part de personnes qui pensent ce genre de choses dans la population totale), l'islam ordinaire n'est pas pro-bordel. Deuxièmement, il n'est pas hypocrite non plus et plutôt que de se retirer dans une susceptibilité pointilleuse, du genre "ha mais qui a dit qu'y a pas des jeunes catholiques dans les émeutiers?", reconnaît que les jeunes concernés étaient en majorité musulmans. Enfin, un truc qui me paraît quand même bizarre, c'est qu'on n'en a pas beaucoup entendu parler, de cette fatwa. Alors je veux bien admettre que je suis peu renseignée, je regarde très peu la télé, etc. Mais il n'empêche, à l'époque en l'occurrence je vivais avec une personne qui la regardait beaucoup, donc au minimum j'entendais ; je l'aurais su tout de même... Une fatwa, il me semble, c'est quelque chose d'assez important, là en l'occurrence elle concernait un sujet brûlant d'actualité et n'émanait pas de n'importe qui ; pourquoi n'a-t-elle pas été plus diffusée que ça? Les médias avaient-ils intérêt à ce que les gens fassent l'amalgame entre musulmans et casseurs? et à ce que les casseurs continuent (puisqu'en fin de compte on ne saura jamais si la fatwa, plus diffusée, aurait eu un effet quelconque? Ç'aurait été intéressant si tout le monde l'avait su. On aurait vu, de plus, que les casseurs n'avaient rien à voir avec l'islam, quelles que soient leurs origines ou la religion de leurs parents, puisqu'ils n'en avaient rien à foutre de ladite fatwa, et qu'il ne fallait pas y voir de l'extrémisme religieux. Et d'ailleurs, on peut se poser la question de savoir pourquoi il n'a pas été tenu compte de la fatwa en fait, est-ce par manque de diffusion, ou simplement parce que la religion musulmane n'avait rien à foutre dans les événements? On aurait eu un début de réponse à bien des questions qui se sont posées à ce moment-là sur la place de cette religion dans notre société - peut-être à tort, toujours est-il qu'elles se sont posées, et continuent de se poser - si un tel "détail" n'avait pas été purement et simplement écarté de l'information publique...

.. DDK nous informe qu'une autre fatwa, contre Ben Laden (et pas seulement lui, mais tous ceux qui l'approuvent), a été émise très officiellement. Prenez le temps de la lire en entier, c'est intéressant... Intéressant aussi de voir qu'on n'en a pas entendu franchement causer, alors que depuis des années on nous bassine de débats du genre "l'islam est-il nécessairement violent?" ou "tous les musulmans sont-ils finalement de mèche avec les terroristes?".

.. Une troupe de pillards nordiques du Xème siècle c'est des trüe guerriers, des chrétiens qui partent en croisade sont d'abominables fascistes. Hm. Les incohérences n'ont jamais tué personne... mais en fait si, et je maintiens que le manque de logique, plus que la méchanceté pure (finalement bien rare) et que la frustration (qu'un minimum d'intelligence aide fortement à résoudre), est à l'œuvre dans bien des souffrances de ce monde.

.. Les soldes c'est pas QUE le mal ^^ j'ai trouvé pour pas cher un magnifique, grand beau livre neuf sur les plus belles bibles du monde à offrir à mes grands-parents (eux-mêmes catholiques).

.. Autant j'aime bien Le Monde Diplomatique, je trouve que c'est un journal intelligent, assez subtil sans être trop snob (bon, j'y ai lu un article sur la poésie qui ne correspond pas tellement à cette description, on va dire), autant Le Monde des religions c'est plutôt superficiel. En fait, je pense que c'est un bon magazine pour les gens qui veulent se lancer dans le sujet et n'y connaissent pour le moment rien, car il y a pas mal de sujets bien variés et accrocheurs. Si on est un habitué par contre, on reste sur sa faim.

.. Ha, je viens de trouver des trucs à écrire sur les Juifs ! Hier samedi, deux jeunes Juifs se promenaient sous la neige. L'un  portait un grand chapeau, l'autre une kippa (la petite calotte là, s'agit-il d'ailleurs d'une kippa?), il devait franchement pas avoir bien chaud. Pourquoi ne portait-il pas de bonnet? Ça doit être vu la kippa? Non parce que s'il met un bonnet par-dessus, ben il l'a quand même sur la tête la kippa, c'est ce qui compte, dès qu'il est à l'intérieur il enlève son bonnet et il a sa kippa... la composante communautaire des religions peut-être? Autre anecdote, charmante : c'était lors de ma toute première promenade à Villeurbanne un vendredi soir : j'ai vu un père et son gamin aller à la synagogue, le père portait un beau costard avec son grand chapeau sur la tête, et le petit enfant... pareil. Habillé tout pareil mais en miniature. Sans doute cela leur semble-t-il naturel et normal; mais quand même, la première fois que le petit a accompagné son père, vêtu de son beau costume tout neuf de grande personne, la mère, les collègues ont dû le trouver mignon... J'espère. J'espère que tout le monde pense bien à mettre des sentiments et de la tendresse en tout, et surtout dans les grandes occasions solennelles. Quand ils voient leurs petits marmots réciter le plus sérieusement du monde, avec peut-être du stress, des choses très importantes, très graves ou très tragiques, ou même heureuses, d'un air bien concentré et conscient de la situation, j'sspère qu'il y a des gens qui ne pensent pas qu'à ce qui doit être fait dans le rite et les règles, mais qui trouvent les gestes et les paroles venant d'un petit être mignons et choupi malgré l'apparente rigidité traditionnelle / immuable des choses qui dépassent pourtant de beaucoup l'individu, l'enfant de tel papa.

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18 décembre 2009

Réhabilitations, parti pris, en passant

   Dan Brown écrit peut-être de la merde mais au moins il fait triper des gens. J'éprouve une reconnaissance gigantesque à l'endroit des auteurs qui m'ont fait rêver, et il serait injuste de faire une hiérarchie du rêve - genre le mien est de meilleure qualité que celui des fans de Dan Brown. (Anna Gavalda, elle par contre, elle fait vraiment de la merde, mais alors sous totues les coutures, y'a rien à sauver quoi.) On pourrait sans doute dire pareil de la série des Twilight mais je n'en ai lu aucun, donc "je ne jugerai pas". Marre des prétentieux qui se croient plus malins parce qu'ils "ne se rabaissent pas" à conter des histoires kiffantes mais ont une vraie "démarche littéraire". Ils seront oubliés, doivent l'être...

   L'hypocrisie vaut en fait mieux qu'une sincérité de nullité je trouve ; je m'explique. Je connais des gens qui affectent de n'écouter que de la grande musique, des trucs de bonne qualité, ils savent en parler devant tout le monde, et rentrés chez eux poussent le son de Dalida ou Alizée à fond parce que, même s'ils aiment la bonne musique dont ils font l'éloge, ils sont aussi capables d'apprécier n'importe quoi d'autre parce qu'ils sont contents et que c'est bien foutu pour donner la pêche ou évoquer des univers et des émotions. J'en connais d'autres qui, comme les premiers, parlent savamment de la musique qu'ils écoutent et effectivement, rentrés chez eux, ils n'écoutent que ça. On pourrait espérer que la société de leurs pairs les contraint à ne montrer qu'une facette de leur vaste et diverse personnalité, ce qui serait en fait le cas des premiers, mais ça n'est pas le cas pour ceux-ci, non, c'est juste qu'il y a adéquation totale entre leur être social et leur être intime, ils aiment être réduits et univoques, craignent de montrer une autre image que toujours la même - l'exemple de la musique n'étant qu'une composante isolée d'un caractère général. Ils tiennent à leur genre plus qu'à leur personne profonde.

   Je suis dans une période un peu étrange, ça va me passer.   

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16 décembre 2009

Mort

a. le suicide au travail, dont on parle beaucoup. Ce qui me choque le plus là-dedans, très honnêtement, ce ne sont pas les conditions de travail qui mènent au suicide. Car ça, c'est affreux, on est d'accord, le mec qui en vient à se pendre tellement son boss est immonde, tellement ses collègues sont invivables, tellement l'ambiance est faite de médiocrité, de pression et de méchanceté, ben on se dit, le pauvre, quel enfer il a dû vivre. Mais il y a pire que cet enfer, il y a l'importance démesurée qu'on accorde (qu'on nous pousse à accorder) à un gagne-pain, une fonction, une position sociale. Ces gens qui se sont suicidés, ils avaient bien des amis, de la famille, , de braves animaux de compagnie gentils et purs, des gens qui les aiment et qu'ils aimaient non, des questionnements existentiels ? Eh bien tout cela, toutes ces belles choses humaines et douces réunies avaient infiniment moins d'importance que leur boulot puisque ça n'a pas suffi à leur donner le goût de vivre. Alors peut-être que leur femme était une pute intéressée par leur pognon, leurs gamins des merdeux pourris gâtés ingrats et méchants, leur famille une tribu de connards patentés? Je l'espère, franchement, je l'espère de tout cœur. J'espère qu'ils sont morts parce que leurs vies, à côté d'un boulot inutile voire néfaste, étaient atrocement tristes, j'espère qu'ils n'avaient pas de braves petits enfants / chiens / chats / chevaux qui leur sautaient (sic) au cou tous joyeux quand ils rentraient du boulot. J'espère qu'ils vivaient pas une histoire merveilleuse avec l'amour de leur vie. Autrement c'est effroyable et vertigineux, non ? Estimer qu'un emploi donne son sens à une vie. Waw. OK j'admets qu'on soit passionné par ce qu'on fait, mais quoi, le jour où ça foire complet, on fait une dépression pendant un mois ou deux, on change de job et on maudit les connards qui nous ont fait du mal, et c'est terminé quoi, merde y'a les copains à côté, la madre, les lardons, le chien qui n'aspire à rien d'autre, de toute son existence, qu'à vous faire plaisir, vous aimer et rapporter la balle, les nétoiles dans le grand ciel trop grand, les séquoïas, ces putains de gnous du Masaï Mara qui vont se faire déchiqueter par les crocodiles pendant la migration, Des milliards de tapis de cheveux, The Organ, l'Égypte ancienne, les génériques d'animés des années 80, enfin tout ça ensemble, ça compenserait pas la pression au travail ? Allons. Il faut quand même une mentalité, disons, étrange, non pas pour se suicider, mais pour se suicider pour son boulot. Notez que je le comprends, mais c'est justement pourquoi ça me choque. Parce que je vois très bien ces gens aimer leur boulot plus que tout, être à fond sur leur carrière, croire en ce qu'ils font et non pas seulement être obnubilés par le pognon ou la bêtise. Évidemment que c'est possible, évidemment qu'ils en ont le droit. Ben moi j'ai le droit de trouver ça tragique et vertigineux.

b. le décès d'une minette. Ce week-end, Homme a perdu sa minette adorée, chérie, aimée entre toutes les minettes. Il a bien du mal à s'en remettre (mais n'envisage pas le suicide, hah), il y tenait beaucoup. Il est allé l'enterrer dans un bel endroit paisible, une forêt où coule tout près un petit ruisseau. Il a fait ça dimanche matin, la chatte étant décédée le samedi soir; il avait passé la nuit à pleurer dans le lit, sur le petit cadavre poilu. Moi, avant l'événement, j'avais passé 2 jours de tristesse et d'agacement, pi je me suis souvenue pour le coup de ses grandes qualités. Il y a des gens qui souffrent peu, ne s'en remettent jamais, ne cherchent jamais à s'en remettre d'ailleurs, et passent leur vie à le reprocher au monde entier. Il est juste leur contraire. Quand il est rentré dimanche en début d'après-midi, après l'enterrement, il neigeait... Notre toute première neige lyonnaise. On l'aurait dite faite pour ça: consoler, apaiser, aplanir, ensevelir...

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01 décembre 2009

Chuis chokée

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   L'hôpital ça craint, vous le saviez sans doute déjà, mais peut-être vous pensiez-vous un peu parano ou vachement rebelle ; ben en fait c'est vrai. J'y suis depuis quelque temps déjà en stage, et j'ai la très désagréable conviction que je ne voudrais pas y voir un de mes proches soigné. J'ai fait l'an dernier du bénévolat dans un service où je ne voyais pas grand-chose, passant l'essentiel de mon temps à papoter avec les patients (les bénévoles sont là pour leur tenir compagnie, en fait... intéressant d'ailleurs de voir que certains n'acceptent pas ce simple rôle et se prétendent presque psys ou accompagnateur de soins, ou que sais-je... bref, il y a des cons aussi parmi les meilleures volontés, mais ça j'ai dû déjà le dire. En gardant à l'esprit que je dois en être parfois aussi, quand même, personne n'est parfait), pas avec les soignants, et du coup je n'ai pas vu grand-chose de leurs façons de faire. Florilège, délation, authenticité, ici-même, maintenant.

   NB : la photo choisie pour illustrer mon machin n'est pas celle de l'hôpital dont je parle : je l'ai utilisée simplement parce que je la trouvais jolie. On va pas non plus foutre la merde - et je n'ai pas la prétention de détenir la vérité absolue, donc dans le doute...

* * * * * * *

   Tout premier choc à mon arrivée en stage : la surcharge de travail des soignants, dont on n'arrêtait pas de me rebattre les oreilles et qui faisait passer ces métiers pour de palpitantes aventures quotidiennes, c'est un Mythe. Les gens passent  en moyenne 2h30 par jour en pause (en plus de la pause repas) à lire des magazines de pouffe ou à se raconter leurs extraordinaires péripéties familiales et immobilières. Un patient qui sonne parce qu'il a envie d'aller aux chiottes et que son handicap ne lui permet pas de faire tout seul, c'est moins important que la future Mercedes d'un couple de beaufs qui veulent avoir l'air classe et cultivé, tout le monde sera d'accord là-dessus je crois...

   2ème choc, la grande bêtise raciste sous couvert de bonnes intentions ne dérange personne. Une jeune nana arrive dans le service à cause d'une maladie qu'elle traîne depuis pas mal de temps. L'une des infirmières nous explique sa situation, commençant par dire que la patiente ne parle pas, est ronchon et désagréable, ne veut pas communiquer. La situation en question, en fait, elle ne la connaît pas, elle se contente alors de jouer les sociologues en exposant tous les poncifs possibles et imaginables sur les immigrés : jeune fille mariée de force à un vieux grigou, forcée à tomber enceinte sans avoir le droit de prendre la pillule, n'aime pas son enfant car issue d'un +- viol, origines sur lesquelles tout le monde débat et y va de son petit commentaire alors qu'elle a officiellement la nationalité italienne... Dans l"après-midi, je suis chargée d'aller discuter avec elle ; étrangement elle parlera pendant 1h, sonnant plusieurs fois simplement pour parler à quelqu'un car elle en a besoin. Pas bavarde, ben lol, ça dépend avec qui. J'ai l'occasion d'écouter son histoire. Elle n'a pas envie de parler de ses origines et en fait, au vu de son dossier, elles n'ont pas d'importance ; certains la croient musulmane ("ha ben souvent les musulmanes elles prennent pas la pillule!") alors qu'elle est chrétienne ; elle accepterait de prendre la pillule si on la lui prescrivait mais n'a pas osé la demander car ce jour-là elle étaot accompagnée de son grand-père chez le docteur ; elle se dit très aidée par son mari et sa belle-mère, et ne veut pas que sa fille soit emmenée à l'hôpital pour lui rendre visite car elle a peur qu'elle choppe des maladies (elle a 8 mois).
   Je relate ceci et d'autres choses, à quoi les infirmières me répondent généralement "ouais mais ça c'est ce qu'elle dit... entre ce qu'elle dit et ce qui est... attends elle est cheloue, c'est pas net..." OK c'est ce qu'elle dit. Mais, euh... à moins de mener une enquête de police approfondie, comment est-ce qu'on peut bien savoir quoi que ce soit, sinon en l'écoutant elle? N'est-elle pas, en tout état de cause, la mieux placée pour parler de sa vie? Elle a une tronche de pauvre fille de l'Est alors elle raconte que des bobards, tout est louche? Et quand bien même elle serait mytho... même les mytho disent des choses vraies, aussi. Ben oui. Mais les soignants sont mieux placés que n'importe qui pour décider de ce qui vous est arrivé dans votre vie, et de ce qui va vous arriver, et de ce qui est bon pour vous. Ils savent tout, ils connaissent votre vie mieux que vous, attendez, ils ont eu des heures de cours d'anthropo & psycho en 1ère année à l'école ! Pi ils ont l'habitude de "ces gens-là" n'est-ce pas.
   Dès qu'on évoque quoi que ce soit chez cette JF, de suite ça semble bizarre, bordélique et socialement dégénéré à tout le monde. Elle vit chez sa belle-mère avec son mari et leur petite? OMG, c'est grave, c'est des paumés ces gens, ils sont pas clairs. Question : c'est parce que c'est elle, qu'elle a la bonne gueule de métèque, ou ils sont vraiment si kéblo que ça sur la morale? Parce chez moi, où ma mère, ma tante, ma cousine, ma grand-mère et mon oncle vivent sous le même toit dans un matriarcat hystérique des plus absolus, ben euh, ça pose pas de problème transcendant - pas plus que dans n'importe quel genre de famille qui a ses autres genres de problèmes... C'est-y pas dingue de se la péter à ce point.
 
   Enfin, et ça c'était aujourd'hui... J'assiste à une opération qui se passe pour la malade sous anesthésie locale ; la patiente est une mamie de 83 ans qui va rester consciente tout le long. La doc désignée pour œuvrer manque d'expérience ; premièrement elle s'apprête à pratiquer en civil, puis s'habille convenablement par peur des radiations (ça se pratique en salle de radio) ; puis, elle ne se sent pas sûre d'elle, il est donc fait appel à une autre doc plus expérimentée. Celle-ci arrive, donne 2-3 conseils à sa collègue, puis entreprend de raconter sa vie de merde à une interne qui observe juste à côté. Elles parlent fort, de sujets qui n'ont rien à voir, et longtemps, de sorte que la patiente s'énerve et rouspète que tout le monde se fout de sa vie (à raison, la pauvre). Effectivement, tout le monde s'en fout et les 2 pouf continuent de parler de leur projets bidon, jusqu'à ce que la doc, qui opérait pendant ce temps sans que personne ne se préoccupe de l'aider alors qu'elle en avait fait la demande expresse, aie besoin d'une assistance plus conséquente. L'autre doc se met donc à la tâche avec elle. Et peu après, tout le monde se tait, plus un bruit : la patiente est en train de pisser le sang, ça gicle partout, ça ruisselle à torrents par terre, les deux doc s'affolent et arrachent complètement paniquées des tas de tuyaux du corps de la malade qui se tord de douleur et d'étranglement (on l'opérait au cou). Point de compression, la patiente gémit, la tension a chuté mais pas trop, c'est calmé. Petite conclusion, à ce moment-là, de la doc venue pour aider, sur le ton que j'emploierais pour désigner une faute minime de stratégie à Caesar III : "ouais, j'ai merdé, j'étais pas concentrée". Aux dernières nouvelles notre mamie devrait être transfusée.

* * * * * * *

   Ayé ! ce fut long mais j'étais pas contente. J'épargnerai au lecteur les injustices et incohérences permanentes dont je fais les frais, et qui n'auraient pour vocation que de me plaindre - le plus utile à savoir restant quand même la manière ahurissante dont les patients sont traités. Tour à tour comme des gamins, et vas-y que ça leur hurle dessus à qui mieux mieux à croire qu'elles se prennent toutes pour de mauvaises instits refoulées, ou comme des rien. Hm.

   [EDIT 07/12 : petite nuance de justice : ce qui s'applique dans ce service, avec certaines personnes, ne s'applique pas partout... Il existe de par le monde des soignants sincères et doux, qui se donnent à fond, et ils sont plein Je ne juge ici que de ce que j'ai vu dans ce stage très particulier, et qui du reste, de l'avis de mes professeurs, constitue un exemple à ne pas suivre - probablement minoritaire donc.]

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29 novembre 2009

Pouarf.

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J'ai passé une demi-heure à déprimer dans le bus en rentrant de ma formation hier...
parce que, devant mon incompétence à emmagasiner le nécessaire,
je me suis résolue à acheter un petit carnet pour noter ce que j'apprends.

J'espérais pouvoir me souvenir de tout sans avoir besoin de rien ;
mais ma mémoire seule ne me suffit plus.

C'est extrêmement désagréable,
je me sens bêtement décrépir sans aucune compensation d'aucune sorte ;
car lorsqu'on pourrit d'une déprime existentielle ou d'un chagrin d'amour,
on peut au moins écrire de belles choses dessus, hèh.

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26 novembre 2009

De mes mains

cloubtins

Mon prochain effort

Pas compliqué : je m'achète une paire d'escarpins noirs ordinaires et cheap, et je colle dessus les tissus qui vont bien. Je rajouterai un petit lacet à la cheville de la couleur de la partie pailletée. Pour des pompes qui vont assez bien avec mon état d'esprit du moment (régressif, désordonné, alternance de sombre et de joyeux, mais porté malgré tout sur la sexytude, l'esthétique, l'évolution et l'originalité - le Poisson-Greffier dit que je deviens adulte... peut-être bien) sans non plus les survaloriser parce que, allons, ce ne sont que des chaussures.


Mon dernier effort
Pas compliqué non plus dans un autre genre : c'est une recette de cuisine. Je l'ai adaptée d'un livre de recettes de pâtes B*** que j'ai gagné, ou qu'on m'a offert, je ne sais plus, c'est certainement pas un truc que j'ai acheté en tout cas, ça va pas ou quoi. L'originale est un peu plus chiante et plus riche (car il faut faire revenir le jambon dans du beurre, ce qui ne me plaisait pas).

Les ingrédients :
- du jambon sec (si possible de Parme) -
- du miel liquide de forêt (si possible de châtaignier) -
- de la crème fraîche liquide -
- du gorgonzola -
- des noix -
- des grosses pâtes creuses qui prennent bien les sauces liquides -

1. Faire la sauce comme suit : mettre ensemble dans un récipient creux (autrement ça va déborder) la crème, le gorgonzola, et les noix que vous pourrez avoir légèrement concassées. Les quantités dépendent de votre goût, selon que vous aimiez que ce soit plus ou moins fort. Dans la recette ils donnent le dosage suivant : 2dl de crème pour 150g de fromage, et c'est bon ainsi. Les quantités doivent être abondantes (vu que la sauce est douce et liquide) relativement à la quantité voulue de pâtes.

2. Une fois tout ça bien touillé, faites chauffer au micro-ondes afin que le fromage fonde. Il n'est pas nécessaire d'y rester 3h, je vous conseille donc de bien surveiller. Pour plus de prudence et moins d'ondes agressives dans votre assiette, vous pouvez aussi faire chauffer tout ça dans une bête casserole sur le feu of course.

3. Arrêtez de chauffer, retouillez pour rendre le mélange homogène, sans broyer les noix.

4. Je ne vous l'ai pas dit mais vous avez fait cuire les pâtes pendant ce temps, bande de petits malins :-)

5. Servez les pâtes dans chaque assiette.

6. Arrosez-les d'un peu de miel selon votre goût. Pas trop au début, vous pourrez en rajouter ensuite, et même faire le test sans miel.

7. Servez-vous en jambon que vous aurez morcelé, et ajoutez la sauce (ou l'inverse c'est pareil).

Et voilà ! C'est une recette nourrissante, facile et rapide à faire mais très goûtue, peu coûteuse si on prend du premier prix (et ça reste quand même super bon, tous mes ingrédients étaient estampillés Lidl) et qui peut passer pour raffinée selon la présentation. Je ne pense pas que ce soit très régime, et j'ignore tout des calories présentes dans ce plat donc ça c'est à vous de voir !
Bon appétit.

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Grippe A-H1N1-2009, vaccin : infos & avis

0. Je précise que les infos recueillies proviennent de sources sûres (HCL), mais pas absolues non plus. J'admets totalement que je peux me tromper, alors n'hésitez pas à m'en faire part si vous en avez d'autres.

1. Cette grippe est-elle vraiment plus méchante que la saisonnière?

Alors apparemment ça dépend pour qui. Une chose est certaine, elle est réellement plus contagieuse que l'autre, d'après les données fournies par l'hémisphère sud (voir 3.) et s'attaque très fortement aux poumons. Si vous êtes en bonne santé ça vous fera une grosse grippe qu'en théorie vous attraperez juste plus facilement (en théorie...) que la saisonnière, rien de bien terrifiant en somme, mais si vous êtes fragile, très jeune ou asthmatique, ça peut être vraiment beaucoup plus grave et mortel. Une autre chose est certaine, ha ha ça fait peur, c'est la même souche que la grippe espagnole de 1918. Bref, il est peu utile de vous vacciner si vous pétez la forme.

2. Le vaccin craint-il?

Un des grands arguments contre le vaccin est qu'on manque de recul pour déterminer ses risques. Alors  restons cohérent : si on admet qu'on sait peu de choses (ce qui peut faire peur, on est d'accord), il est complètement contradictoire d'aller sortir que ce vaccin provoque des maladies à long terme, puisqu'on n'en sait rien, CQFD. Ensuite, oui, les adjuvants des vaccins en général sont réputés cancérigènes ou craignos. Mais étant donné que je suis personnellement pour la vaccination en général, je ne me suis pas renseignée là-dessus, puisque quels que soient les risques, je sais que je continuerai à me faire vacciner contre les diverses maladies. Après, je connais des personnes qui m'ont dit "ouh là là vraiment ça craint" mais ils ne m'ont pas expliqué pourquoi précisément. Ceci étant j'ai appris aujourd'hui même qu'il provoquait beaucoup plus de réactions allergiques que d'autres, mais moi je n'ai eu que mal au site d'injection (haut du bras gauche).

3. Comment ont-Ils pu créer un vaccin aussi rapidement?

Ben comme pour la grippe saisonnière, qui mute chaque année. Le vaccin est donc différent chaque année et doit être fabriqué dans des délais assez courts. En fait, la grippe saisonnière s'attaque d'abord à l'hémisphèer sud (c'est biologique), qui n'a aucun moyen de se défendre, et elle n'arrive qu'ensuite pour nous les briser. Nos braves scientifiques ont donc un délai, entre la maladie des uns et celle des autres, pour le fabriquer. Les délais pour la fabrication du vaccin contre la grippe A on donc été comparables, puisque l'hémisphère sud a déjà été touché par la grippe A (qui a cloué énormément de monde au lit d'ailleurs, même si proportionnellement le nombre de morts n'est pas plus élevé).

4. Les vaccins empêchent-ils l'organisme de se défendre tout seul comme un grand?

Non, le principe c'est justement de l'entraîner à se défendre. Il devient plus Fort, et lorsqu'il se trouve attaqué, c'est lui-même qui se défend, les trucs du vaccin n'y sont plus pour rien, ils ont juste été injectés pour entraîner le système immunitaire.

5. "Ils" pensent qu'à se faire du fric sur le dos des pauvres gens et c'est pour ça qu'ils nous refourguent leur camelote à la con de vaccin capitaliste...

Euh oui, mais... ç'a toujours été le cas, et tout le monde a toujours TOUT cautionné, la rébellion contre un vaccin (qui, à la base, si lucratif soit-il, reste quand même une chose notoirement utile...) ne changera pas grand-chose et on ferait mieux de s'engager sincèrement dans des assos militantes que se faire passer pour un rebelle en utilisant ce genre d'argument. Fallait se réveiller plus tôt les amis. Étrangement, les grands entreprises qui se font du fric sur des paysans du tiers-monde qui crèvent de dénutrition et de maladies dont on ne connaît même plus l'existence depuis des siècles, ça dérange personne... Si ça vous dérange tant que ça que des puissants égoïstes et largués se fassent du pognon sur votre dos et sur votre santé, mais arrêtez de fumer des clopes à 5€ le paquet, partez en croisade contre les réformes du gouvernement qui petit à petit vont vous couper vos droit de Sécu, j'en sais rien, un peu de cohérence quand même. La mauvaise foi  et les grand idéaux dont on se sert pour se grandir bêtement et simplement m'énerve, mais cela dit, quand même, je reconnais en toute sincérité que l'anti-vaccination massive présente un vrai avantage : ça fait chier nos dirigeants. Ouh, ils sont vexés ! ouh, ils sont pas contents ! C'est quand même cool j'avoue ^^

6. Un avis concernant la polémique?

Elle me semble plus dûe à l'impopularité de la Bachelot (et du gouvernement en général) qu'à autre chose. Y'a qu'à voir, les vaccinés se font traiter de sarkozystes moutons TF1vores. Les gens en ont sans doute marre qu'on leur dise quoi faire, ils sont submergés d'arrêtez de fumer, roulez moins vite, mangez moins, on sait ce qui est bon pour vous. Je crois que ça saoûle tout le monde, car si ça part d'un réel bon sentiment - qui est pour le cancer du poumon, l'obésité et les accidents de la route, franchement? - c'est fait d'une façon tellement moralisatrice (et hypocrite, car si le gouvernement voulait vraiment nous faire manger moins gras, il interdirait aux entreprises agro de foutre toutes les merdes qu'elles foutent volontairement dans leur malbouffe) que les gens retiennent la forme et non le fond. Mais honnêtement, y'a-t-il beaucoup d'anti-vaccins qui se soucient autant de leur santé au quotidien que dans cette histoire de vaccin? Combien de fumeurs parmi eux, de consommateurs de McDo ou de vieux plats précuisinés? Éviter UN vaccin une fois dans notre vie ne va pas rattrapper 10 ans de tabagisme, d'alcoolisme, de produits chimiques et polluants ingérés au quotidien sans que nous nous en soyons jamais souciés. On crèvera bien plus tôt des conséquences durables et répétées d'un tel mode de vie que d'une hypothétique et peu probable complication d'un seul produit.

Posté par Bottine à 09:31 - - Commentaires [1] - Permalien [#]
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