Dan Brown écrit peut-être de la merde mais au moins il fait triper des gens. J'éprouve une reconnaissance gigantesque à l'endroit des auteurs qui m'ont fait rêver, et il serait injuste de faire une hiérarchie du rêve - genre le mien est de meilleure qualité que celui des fans de Dan Brown. (Anna Gavalda, elle par contre, elle fait vraiment de la merde, mais alors sous totues les coutures, y'a rien à sauver quoi.) On pourrait sans doute dire pareil de la série des Twilight mais je n'en ai lu aucun, donc "je ne jugerai pas". Marre des prétentieux qui se croient plus malins parce qu'ils "ne se rabaissent pas" à conter des histoires kiffantes mais ont une vraie "démarche littéraire". Ils seront oubliés, doivent l'être...

   L'hypocrisie vaut en fait mieux qu'une sincérité de nullité je trouve ; je m'explique. Je connais des gens qui affectent de n'écouter que de la grande musique, des trucs de bonne qualité, ils savent en parler devant tout le monde, et rentrés chez eux poussent le son de Dalida ou Alizée à fond parce que, même s'ils aiment la bonne musique dont ils font l'éloge, ils sont aussi capables d'apprécier n'importe quoi d'autre parce qu'ils sont contents et que c'est bien foutu pour donner la pêche ou évoquer des univers et des émotions. J'en connais d'autres qui, comme les premiers, parlent savamment de la musique qu'ils écoutent et effectivement, rentrés chez eux, ils n'écoutent que ça. On pourrait espérer que la société de leurs pairs les contraint à ne montrer qu'une facette de leur vaste et diverse personnalité, ce qui serait en fait le cas des premiers, mais ça n'est pas le cas pour ceux-ci, non, c'est juste qu'il y a adéquation totale entre leur être social et leur être intime, ils aiment être réduits et univoques, craignent de montrer une autre image que toujours la même - l'exemple de la musique n'étant qu'une composante isolée d'un caractère général. Ils tiennent à leur genre plus qu'à leur personne profonde.

   Je suis dans une période un peu étrange, ça va me passer.